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Management de l'innovation

Management de l'innovation

Une entreprise ne manque presque jamais d'idées. Ce qui lui manque, le plus souvent, c'est une manière de les faire passer de la réunion au marché. Le management de l'innovation est précisément cela : l'ensemble des choix, des règles et des comportements qui permettent de produire des pistes nouvelles, de retenir les meilleures, puis d'en faire des produits et des services innovants que des clients adoptent. Il touche la vision stratégique, la gestion des initiatives, le fonctionnement des organisations et, plus encore, la façon dont les managers encouragent ou étouffent l'initiative de leurs collaborateurs.

Qu'est-ce que le management de l'innovation ?

Innover n'est pas inventer. L'économiste Joseph Schumpeter l'a montré dès le début du XXe siècle : une invention ne devient une innovation que lorsqu'elle trouve sa place dans l'économie, c'est-à-dire lorsqu'un marché s'en empare. Entre les deux, il y a tout un travail de conception, d'arbitrage, de financement et de diffusion. C'est ce travail que le management de l'innovation organise.

Le Manuel d'Oslo de l'OCDE, qui sert de référence aux statistiques européennes, distingue quatre types d'innovation : de produit ou de service, de procédé, d'organisation et de marketing. Une entreprise innove donc aussi bien en lançant une offre nouvelle qu'en changeant sa façon de produire, de vendre ou de travailler ensemble. Le management de l'innovation couvre ces quatre terrains, et pas seulement le laboratoire de recherche.

Il se distingue enfin de la gestion de la R&D. La recherche et développement produit des connaissances et des technologies ; le management de l'innovation décide lesquelles méritent un projet, avec quels moyens, quelles personnes et quel horizon. Dans les entreprises qui réussissent, la R&D, le marketing et les directions opérationnelles partagent leurs informations dès la première étape, au lieu de se passer le relais.

Les quatre leviers du management de l'innovation

Un cap stratégique clair

Sans cap, l'innovation se disperse en initiatives sympathiques et sans lendemain. La direction doit dire où l'entreprise veut innover, avec quelle ambition et quelle part de risque : améliorer l'existant, conquérir des marchés voisins ou préparer une rupture. Nous détaillons cette démarche, du diagnostic à la feuille de route, dans notre page consacrée à la stratégie d'innovation.

Un processus d'innovation lisible

Le processus d'innovation décrit le chemin d'une idée jusqu'au lancement : collecte, sélection, conception, test, déploiement. Il fixe les étapes, les critères de décision et les personnes qui tranchent. Bien conçu, il protège les pistes fragiles au début et devient plus exigeant à mesure que les investissements grossissent.

Des organisations qui laissent de la place à la nouveauté

Groupes de travail transverses, cellule ou laboratoire d'innovation, temps réservé aux initiatives des collaborateurs, comité qui arbitre le portefeuille : les organisations doivent permettre aux chantiers innovants d'exister à côté de l'activité courante, sans être écrasés par elle.

Une culture qui autorise l'essai et l'erreur

C'est le levier le plus difficile à actionner, et le plus décisif. Une entreprise où l'erreur se paie cher n'obtient que des propositions prudentes. La culture d'innovation se construit par l'exemple des dirigeants, par la façon dont on réagit aux échecs et par la reconnaissance donnée à ceux qui prennent des initiatives. Elle rejoint l'esprit d'entrepreneuriat : la capacité, pour un salarié, d'agir comme s'il portait sa propre affaire.

Faire du management de l'innovation une compétence collective

Vous voulez structurer votre démarche, relancer un portefeuille d'initiatives ou préparer vos managers à piloter l'innovation ? Parlons de votre contexte, à Paris, à Lyon, à Genève ou à distance : nous construisons avec vous un accompagnement sur mesure, en coaching, en conseil ou en formation.

Les étapes du processus d'innovation

La plupart des entreprises qui innovent avec régularité suivent, sous un nom ou un autre, les mêmes grandes étapes. Le modèle Stage-Gate, proposé par Robert Cooper dans les années 1980, en a popularisé le principe : une suite d'étapes séparées par des « portes » où l'on décide de poursuivre, de réorienter ou d'arrêter.

  1. Observer et collecter. Veille sur les marchés, les technologies, le numérique, la recherche et l'économie du secteur, informations remontées par les clients et le terrain, analyse des données : les bonnes intuitions naissent souvent d'une observation que personne n'avait prise au sérieux.
  2. Générer des idées. Ateliers de créativité, design thinking, Creative Problem Solving : les méthodes d'idéation multiplient les pistes avant de les juger. Nous les présentons dans notre boîte à outils de l'innovation.
  3. Sélectionner. Les propositions sont comparées sur quelques critères simples : valeur pour le client, cohérence stratégique, faisabilité, risque. C'est ici que se joue la qualité du portefeuille.
  4. Concevoir et prototyper. La conception transforme l'intuition en offre concrète. Un prototype, même rudimentaire, apprend plus qu'un long dossier.
  5. Tester. L'expérimentation auprès de vrais clients confirme ou infirme les hypothèses avant d'engager les gros budgets.
  6. Déployer et diffuser. Production, marketing, formation des forces de vente, conduite du changement en interne : une innovation qui n'est pas adoptée n'existe pas.

Toutes les pistes ne franchissent pas toutes les portes, et c'est normal. Un dispositif qui n'arrête rien ne sélectionne rien ; un dispositif qui arrête tout trop tôt n'innove plus.

Le rôle du manager dans l'innovation

L'innovation ne vit pas seulement dans les comités de direction. Elle dépend, chaque jour, de la manière dont chaque encadrant accueille une proposition nouvelle. Trois comportements font la différence.

  • Donner du temps. Chez 3M, la règle des 15 % permet depuis 1948 aux ingénieurs de consacrer une partie de leur temps à des sujets de leur choix. Le Post-it en est né. Sans aller jusque-là, un manager peut réserver des créneaux à l'exploration.
  • Protéger les idées fragiles. Une intuition naissante ne résiste pas à un jugement immédiat. Le bon manager sépare le moment où l'on propose de celui où l'on évalue.
  • Arbitrer sans décourager. Dire non est indispensable ; expliquer pourquoi, et reconnaître l'effort, l'est tout autant.

Ces compétences ne sont pas innées, et leur développement demande de la pratique. Elles se travaillent en coaching individuel, en coaching collectif ou dans une formation à l'innovation pensée pour des managers en poste. Le management de l'innovation devient alors une pratique quotidienne plutôt qu'un discours.

Organiser l'innovation : quelle organisation choisir ?

Il n'existe pas d'organisation idéale ; il existe des choix cohérents avec la taille et l'ambition de l'entreprise. Une PME confiera souvent l'innovation à un responsable rattaché directement au dirigeant, avec un groupe de travail constitué à la demande. Un grand groupe combinera un département R&D, une cellule ou un laboratoire d'innovation, des équipes business qui portent les lancements et parfois un programme d'entrepreneuriat interne pour les salariés qui veulent créer une activité nouvelle.

Quelle que soit la structure, trois questions doivent avoir une réponse claire : qui décide de lancer ou d'arrêter un projet, avec quel budget, et comment les initiatives nouvelles obtiennent les ressources dont l'activité courante a aussi besoin. La transformation numérique a rendu ces questions plus pressantes : les cycles de développement se raccourcissent, les données et les informations circulent plus vite, et les décisions doivent suivre. Dans les entreprises qui vivent une transformation profonde, le management de l'innovation devient même un sujet de comité exécutif à part entière.

Piloter et mesurer l'innovation

Ce qui ne se mesure pas se gère mal, mais l'innovation se mesure mal avec les indicateurs habituels. Un tableau de bord utile mêle des indicateurs d'effort et des indicateurs de résultat :

  • le nombre de propositions recueillies et la part de celles qui deviennent des projets ;
  • le délai entre l'intuition et le lancement, le fameux « time to market » ;
  • la part du chiffre d'affaires réalisée avec des produits innovants lancés depuis moins de trois ans ;
  • l'équilibre du portefeuille entre améliorations et paris plus risqués.

Ces données servent à décider, pas à sanctionner. Un projet arrêté à temps est une bonne nouvelle : il libère des ressources pour les autres. Les informations du tableau de bord nourrissent aussi la revue annuelle de la stratégie, où la direction ajuste le cap.

Comment nous accompagnons le management de l'innovation

Nous intervenons auprès de directions générales, de comités de direction et de managers, à Paris, à Lyon, à Genève et à l'international. Notre regard est celui d'un ancien dirigeant d'entreprise : Marc Prager a exercé des responsabilités de direction chez Xerox, au Groupe SEB et chez Lactalis avant de devenir coach certifié ICF (PCC). Il connaît, de l'intérieur, la tension entre les résultats du trimestre et les paris de long terme dans une économie qui accélère, et le goût de l'entrepreneuriat qu'il faut préserver au cœur d'une transformation.

  • Le coaching aide un dirigeant ou un responsable innovation à clarifier ses choix, à tenir le cap et à embarquer ses équipes, sous forme de parcours de plusieurs séances.
  • Le conseil apporte un regard extérieur sur votre organisation, vos méthodes et votre portefeuille : découvrez notre approche du conseil en innovation.
  • Les formations développent les compétences des managers avec des méthodes concrètes pour animer la créativité, trier les propositions et conduire un projet incertain.

Chaque parcours commence par une première rencontre sur votre situation, vos ambitions et ce que vous attendez de l'innovation. Nos formations et nos parcours de coaching s'adaptent ensuite au rythme de vos entreprises et de vos marchés.

FAQ

Qu'est-ce que le management de l'innovation, en une phrase ?

C'est l'art d'organiser le passage des idées aux projets, puis des projets au marché : un cap qui oriente, un processus qui sélectionne, des organisations qui donnent des moyens et des managers qui encouragent l'initiative. La gestion de l'innovation au quotidien en est la partie visible ; le management de l'innovation y ajoute la vision et les arbitrages.

Quelle différence entre innovation incrémentale et innovation de rupture ?

L'innovation incrémentale améliore ce qui existe : un produit plus fiable, un service numérique plus rapide, un procédé moins coûteux. L'innovation de rupture change les règles d'un marché et ses clients. Les deux ont leur place dans le portefeuille d'une entreprise, mais elles ne se gèrent pas de la même façon : la première suit un cheminement classique, la seconde demande plus d'autonomie, plus de temps et une tolérance à l'échec bien plus grande.

Quels outils utiliser pour le management de l'innovation ?

Pour générer des pistes : ateliers de créativité, design thinking, Creative Problem Solving. Pour sélectionner et suivre les initiatives : un dispositif par étapes de type Stage-Gate, une grille de critères partagée et une revue régulière du portefeuille. Pour la culture : des rituels simples, comme la présentation des projets arrêtés et de ce qu'ils ont appris. Les outils numériques de gestion des idées aident, mais ne remplacent pas ces rituels.

Comment mesurer la performance de l'innovation ?

On suit, données à l'appui, à la fois l'effort (propositions recueillies, lancements, budget consacré) et les résultats (part du chiffre d'affaires issue des offres récentes, délai de mise sur le marché, satisfaction des clients). L'erreur fréquente consiste à ne regarder que le nombre de propositions : il dit peu de chose de la valeur créée pour le business.

Qui doit porter le management de l'innovation dans une entreprise ?

La direction générale fixe l'ambition, choisit l'organisation et arbitre les gros investissements. Un responsable innovation, quand il existe, anime le processus et le portefeuille. Mais l'innovation se joue surtout sur le terrain : chaque manager décide, au quotidien, si une proposition nouvelle sera écoutée ou enterrée. Les programmes d'entrepreneuriat interne offrent enfin une voie aux salariés qui veulent aller plus loin.

Comment développer les compétences de management de l'innovation de ses managers ?

Par la pratique accompagnée plutôt que par la théorie : une formation courte qui fait travailler les managers sur leurs propres sujets, complétée par un parcours de coaching pour ceux qui portent les initiatives les plus exposées. L'objectif est qu'ils sachent animer une séance de créativité, évaluer une proposition sans la tuer et piloter un projet incertain.

Pour aller plus loin

Cet article a été rédigé par Marc Prager.